Origines du Wing Chun

La naissance du Wing Chun est liée à de nombreuses légendes. Si ces histoires restent fascinantes, elles ne bénéficient d’aucune preuve historique confirmant leur véracité. Il est acquis cependant que le Wing Chun est un art martial originaire du sud de la Chine : c’est un style de kung fu dont la finalité est de se défendre. Comme d’autres styles, le Wing Chun a pour origine plusieurs influences dont la synthèse a été rendue possible sur le long terme par ceux qui ont dédié leur vie à perfectionner et transmettre leur art. Il existe différentes lignées rattachées aux plus éminents professeurs de Wing Chun et embrassées par ceux qui ont choisi de suivre tel ou tel maître : Yip Man, Yiu Choi, Jiu Wan, le village Gulao (Koo Lo), Pan Nam, Yuen Kay Shan, Nguyen Te-Cong, la famille Cho, Hung Fa Yi, Pao Fa Lien et Fut Sao.

La légende connue de la nonne de Shaolin Ng Mui et de ses élèves, de la jeune fille Yim Wing Chun, qui se faisant agresser, avait réussi à neutraliser son agresseur grâce au nouvel art martial supérieur aux autres, n’est probablement qu’une légende, inventée pour tromper les autorités et se protéger de la persécution.

Les plus anciens représentants du Wing Chun, les membres de la troupe d’opéra Hung Suen (Hung Suen = jonque rouge) étaient membres d’une société secrète dirigée contre le gouvernement Mandchou. C’est déjà pour ces raisons que l’on brouillait les pistes mais on voulait certainement aussi consciemment se ranger dans la tradition de Siu Lam (Shaolin), qui s’était positionnée contre le gouvernement et qui a été pour cela puni par la destruction de plusieurs temples.

Leung Jan

Il est possible que le nom Wing Chun (l’éloge du printemps, ou avec une autre orthographe, probablement l’orthographe initiale, Printemps éternel) soit une devise des adversaires de Mandchou réduit en un code. Il pourrait exister un lien réel avec le temple de Shaolin (il existe aussi des indices pour cette version), mais ceci n’a pas été prouvé jusqu’ici.

En résumé : on est plus ou moins sûr que des membres de la jonque rouge s’entraînèrent vers l’an 1850 au Wing Chun ou à une sorte de Proto-Wing Chun et le développèrent. Nous pouvons à partir de là suivre de nombreuses lignées, dont la lignée de Leung Jan (qui apprit chez des membres de la jonque rouge) et de Chan Wah Shun jusqu’au grand maître Yip Man.

Première classe du Grand Maître Yip Man à Hong-Kong. Sont entourés Lok Yiu et Leung Sheung, seuls élèves de cette époque à être restés
Le grand maître Yip Man a pu se consacrer durant des années à l’accomplissement de son Wing Chun dans sa ville natale Fatshan, avant de devoir fuir la révolution culturelle pour Hong Kong en 1949.
Il est très probable que les pratiquants du Wing Chun aient fait partie de la révolte des boxeurs, qui furent écrasés de façon sanglante par les Huit Nations. Dans ce cas, les pratiquants du Wing Chun auraient été ironiquement du côté de l’état Qing (Mandchou) contre qui ils se battaient jusque là.

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