CR: Je savoure trois saveurs.Venez déguster, je vous invite!

Auteur: kaze
Sujet: CR: Je savoure trois saveurs.Venez déguster, je vous invite!
Posté le: 19 Mer Jan , 2011 22:35 (GMT 2)
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Comme tous les hivers nous avons froid, le corps est engourdi, et nous avons besoin de bien nous nourrir pour faire face au temps, aux maladies, et autres aléas de la vie.

Pour ce faire je vous propose de venir vous restaurer chez le Chef (appelons le professeur par la suite voulez-vous) Yi Rhe Chen.

Comme tout menu digne de ce nom, il sera composé d’une entrée, d’un plat, et d’un dessert. Les trois se complétant harmonieusement, mais se suffisant à eux mêmes pour se déguster indépendamment tout au long d’une vie.

Je vois à vos mines que j’ai réussi un tantinet à vous intéresser. Cependant à ceux qui ne pensent qu’à leurs papilles gustatives et à leurs estomacs vous feriez mieux de vous munir d’un encas pour finir de lire ces quelques lignes, car nous allons bien parler de Tai chi chuan style Wu, de Xing Yi Quan, de Ba Gua Zhang, le tout saupoudré d’une touche d’armes.

Maître Yi Rhe enseigne depuis 10 années en France, mais je n’ai fait sa connaissance qu’au mois de septembre de cette année. Il y’a des rencontres qui changent la vie. On dit souvent quand l’élève est prêt le maître arrive. Il faut croire…
Trêve de littérature, passons à ce qui nous intéresse la pratique.

Je vais faire un bref descriptif du contexte de la pratique.

Les cours ont lieu aussi bien en plein air (jardin du luxembourg), qu’en intérieur (temps du corps, centre C3b…), et ce 6 jours sur 7. Du mardi au dimanche.

Chaque cours dure entre 1 heure à 1 heure 30, en fonction de la discipline et des horaires.

Maître Yi Rhe est originaire de Pékin, il est spécialiste des arts martiaux internes traditionnels chinois : Tai chi quan, Xing yi quan et Ba gua zhang. Il a hérité de l’enseignement du Maître LI Lian, WU Tunan(1884-1989) et WANG Peisheng (1919-2004).

Il est titulaire d’un 5 ème Dan de Wushu délivré par la Fédération Chinoise d’Arts Martiaux de Chine, et est membre du bureau et professeur de l’Association de Tai chi quan de WU Tunan de Pékin.

Diplômé de l’Etat français de la Jeunesse de l’Education Populaire et du Sport (DEJEPS).

Commençons par le Ba Gua Zhang et le Xing Yi Quan. Afin de gagner quelques lignes, et ainsi alléger votre lecture, je n’expliquerai pas pourquoi l’on pratique ces disciplines en parallèle. Quand à ceux qui débutent dans les pratiques chinoises, et qui sont désireux d’apprendre le pourquoi du comment, vous trouverez tout sur ce site en tapant le nom de ces disciplines sur le moteur de recherche de celui-ci (je fournis les ingrédients, je ne prépare pas la cuisine!)

L’entraînement est toujours structuré de la même façon. A savoir que chaque cours est différent! Chaque entraînement à donc son propre goût.

En ce moment, lorsque nous nous entraînons dehors, nous commençons par nous échauffer en trottinant, et en jouant avec notre corps et l’espace environnant, zigzag entre les arbres, passez tantôt dessus, tantôt dessous une corde. Nous nous replaçons en rangs puis commençons une série de mouvements d’abord un mouvement unique (exemple un coup de poing droit) en statique, le tout allié à la respiration. Puis on enrichit ce mouvement (exemple parade gauche puis coup de poing droit) toujours en statique, puis en avançant, ensuite en reculant. On l’enrichit encore ( parade gauche, attaque droite, attaque gauche…).

Une fois que le corps et l’esprit sont unis et ressentent le mouvement (je sais, je sais : en théorie, cessez donc de m’interrompre, voulez-vous!) on travail avec un partenaire. On répète le mouvement appris, mais on l’intègre à une application martiale concrète et tout ce que cela entraine. On tourne avec plusieurs partenaires, afin de ne pas s’habituer à lui et éviter ainsi tout automatisme / habitude / complaisance… néfaste à une bonne pratique, tout en ayant un maximum de sensations (chaque partenaire étant différent, la pratique et le ressenti le sont aussi). Nous travaillons ainsi un à trois enchainements par cours. Il nous arrive fréquemment de faire « la marche » ou les déplacements spécifiques à ces deux styles. Le corps doit être relâché, on insiste sur la courbure du dos lorsqu’il y a lieu, les épaules détendues, la ceinture abdominale, et le positionnement des pieds, ainsi que le regard. Les mouvements ne sont pas ample, je ne dirai pas petit mais plutôt caché.

Le cours à peine fini, il n’ y a pas de pause. On passe au Tai chi quan.

Le professeur définit le Tai chi quan de cette façon:

Proverbe chinois : « L’homme intelligent comprend les autres, le sage comprend les autres ainsi que lui-même »

Le Tai chi quan est une pratique qui intègre et concrétise les idées de la philosophie traditionnelle chinoise et les concepts essentiels de Confucius, du bouddhisme et du taoïsme. A travers des mouvements lents et une respiration profonde et naturelle, on apprend à mieux se connaître soi-même afin de trouver un équilibre et une harmonie avec son environnement. Pratiqué régulièrement, il permet d’atténuer les tensions du quotidien pour préserver la santé du corps et de l’esprit.

Le but de ce cours est d’apprendre à harmoniser les mouvements du corps tout entier, afin d’accumuler et faire circuler l’énergie interne.

Le style Wu, excellent pour s’initier au Tai Chi, accorde beaucoup d’importance au travail de la douceur dans la force. Il formalise une extrême précision des mouvements dans l’espace selon les pensées, le regard pour harmoniser parfaitement l’esprit et le corps. C’est dans cette pratique douce que notre corps et notre esprit retrouvent la quiétude.

La pratique en duo des applications martiales, permettent de trouver les solutions pour débloquer des situations d’agression et d’évacuer le stress accumulé dans notre quotidien.

C’est dans la pratique des arts martiaux non violents que l’on atteint le plus haut degré de spiritualité.

La pratique commence par une « gymnastique taoïste » afin de réveiller le corps, et le préparer à la pratique. Puis par un travail de la respiration sur des mouvements comme ouvrir la gueule du tigre, déplacer un ballon, mouvoir les mains comme les nuages…

La pratique en elle même passe par la répétition de la forme (83 mouvements – 7 chapitres) Le forme est étudiée chapitre par chapitre. Lorsque l’on travaille une partie d’un chapitre, on étudie les mouvements et leurs applications martiales (comme précédemment décrit).

On insiste sur les mêmes principes que le Ba Gua Zhang et le Xing Yi Quan, avec d’autres propres à l’école. Vu mon maigre niveau je ne les énoncerai pas ici, mis à part que l’on travaille toujours sur le concept du plein et du vide.

Les cours sont accompagnés de Tuishou (peng-lu-an-ji) à pas fixes ou mobiles. Mais aussi d’auto massage.

Le Taichi Quan style Wu comporte aussi le travail des armes. Cette année nous étudions le sabre, et l’épée. Mais j’ai entendu qu’il existait aussi le travail du baton long.

Un proverbe chinois dit que « lorsque l’on nous donne une goutte d’eau, l’on doit rendre un océan ». Pour tous ce qui m’est offert je n’aurai pas assez d’une vie pour rembourser ses trois trésors. Car le professeur partage plus que des principes et des applications. Il nous offre un autre regard sur la vie. Une philosophie et des valeurs assez simples à appliquer à notre vie de tous les jours. Ce n’est pas un gourou, mais quelqu’un de « plein », d’entier. Pratiquer avec lui est riche, et j’y ressource mes batteries.

Merci d’avoir pris la peine de me lire, j’espère vous avoir donné l’envie de venir goûter à ces saveurs.

Pour ceux qui voudraient venir essayer voici un petit lien utile.

http://www.rheyitao.fr/

Amicalement.

Bonne pratique.